Amérique et Caraïbe

Carte Amérique Caraibes_FLE2018
Les effectifs de FLE dans les systèmes éducatifs nationaux

Préscolaire

Primaire

Secondaire

Supérieur

Argentine

 1,2 million

Brésil

 

1 028

156 000

50 000

Canada (total)

n.c.

983 169

758 586

n.c.

Canada-Nouveau-Brunswick

n.c.

12 936

7 083

n.c.

Canada-Québec

n.c.

48 837

34 779

n.c.

Chili

983

1 512

12 953

10 471

Costa Rica

150

8 516

362 516

1 081

Cuba

50

3 500

Equateur

2 332

6 500

Guatemala

316

252

1 000

Jamaïque

17 416

190

Mexique

2 330

9 330

47 383

84 554

Pérou

2 143

8 314

15 124

18 671

Sainte-Lucie

7 904

Uruguay

5 838

457

Venezuela

241

30 000

5 000

Note : les effectifs sont donnés pour l’année scolaire 2016/2017 sauf Argentine (2012/2013), Canada, Canada-Québec et Mexique (2014/2015)
Pays membres de l’OIF
Pays observateurs à l’OIF

Cet espace comprend 6 membres de plein droit de l’OIF (le Canada, le Canada Nouveau-Brunswick, le Canada Québec, Haïti, Sainte-Lucie et la Dominique) ainsi que 6 pays observateurs (Argentine, Canada Ontario, Costa Rica, République dominicaine, Mexique et Uruguay).

Le français est la seule langue officielle du Québec.
Il est la langue co-officielle avec l’anglais du Canada, des États fédérés du Nouveau-Brunswick et du territoire du Yukon, et la langue co- officielle avec l’anglais et les langues indo-américaines des territoires du Nord-Ouest, du Nunavut (avec l’inuktitut) ainsi qu’en Haïti (avec le créole). Quelques États officiellement non francophones appliquent par ailleurs des dispositions législatives qui protègent le français (États américains de la Louisiane, du Maine, du Michigan et du Vermont).

ÉTAT DES LIEUX

Répartition des apprenants de FLE dans le monde en 2018
« LE FRANÇAIS : DEUXIÈME LANGUE ÉTRANGÈRE APPRISE DANS LES PAYS LATINO-AMERICAINS APRÈS L’ANGLAIS »

L’apprentissage de la langue française occupe historiquement une place de choix au vu de son attractivité sur les plans culturel, scientifique, économique etc., mais aussi par l’atout qu’elle représente pour la mobilité étudiante et l’insertion professionnelle vers l’espace francophone voisin.

Le français reste ainsi la deuxième langue étrangère apprise dans les pays latino-américains, derrière l’anglais, et son enseignement demeure par ailleurs fortement valorisé dans un certain nombre de pays, voire même obligatoire au Costa Rica, ou encore dans 85 % des écoles primaires de Sainte-Lucie. Et même si le portugais et l’espagnol apparaissent comme des concurrents sérieux, notamment après les accords du MERCOSUR, l’appétence pour l’apprentissage de la langue française demeure.

Un plan de promotion et de réintroduction de la langue française dans les systèmes scolaires est également en cours en Amérique centrale (Honduras, Guatemala, Nicaragua, Panama, Salvador).

La zone Amérique – Caraïbe affiche une présence diffuse du FLE, traditionnellement très implanté au niveaux des Alliances françaises et Institut français, mais qui ne rassemble que rarement de forts effectifs d’apprenants dans les systèmes scolaires. Sauf au Canada et aux États-Unis où s’affirme un réel intérêt pour l’enseignement bilingue et pour l’acquisition de compétences linguistiques professionnelles qui s’inscrivent de plus en plus comme un critère d’employabilité.

« UN VÉRITABLE ENGOUEMENT POUR L’ENSEIGNEMENT BILINGUE AU CANADA ET AUX ÉTATS-UNIS »

Aux côtés des lycées français, le réseau des sections bilingues francophones implantées dans des systèmes éducatifs nationaux participe à la diffusion de la langue française, dans des filières où  le français est à la fois une matière enseignée et une langue d’enseignement, préparant la compétence bilingue des élèves dans les écoles selon différentes typologies : immersion, submersion, etc.

Le format des classes d’immersion déclenche un véritable engouement au Canada (plus de 400 000 étudiants hors Québec) et aux États-Unis (29 000 étudiants), dans des pays où les compétences communicatives et professionnelles bi- ou plurilingues sont de plus en plus déterminantes, notamment sur le marché du travail.

Un enseignement bilingue est également proposé dans plusieurs pays à partir du secondaire comme au Brésil au Mexique et parfois dès le primaire comme en Colombie ou au Costa Rica.

LES EVOLUTIONS

Malgré des effectifs de FLE à la hausse à l’échelle internationale (+8% d’apprenants entre 2014 et 2018),  la part de la région Amérique-Caraïbe se réduit de 12% à périmètre constant (le nombre d’apprenants de FLE ayant connu une décrue plus ou moins forte selon les territoires).

DES PROGRAMMES D’IMMERSION EN FRANÇAIS EN PLEINE EXPANSION AU CANADA

Au cours des 5 dernières années, l’essor des effectifs inscrits dans les écoles à programme d’immersion se vérifie à hauteur de +20 % au Canada, et de +25 % en Ontario, contre une baisse significative du nombre d’élèves anglophones constatée dans les provinces hors Québec pour l’apprentissage du français langue seconde. La demande croissante pour l’apprentissage du français dans le cadre des programmes d’immersion, dans les écoles anglophones des provinces anglophones du Canada peut s’expliquer par l’affirmation constante et progressive depuis les dix dernières années du bilinguisme comme composante essentielle d’une identité canadienne.

Lead with languages

Le renouveau de l’intérêt pour les langues aux Eta ts-Unis n’est pas seulement porté par l’enseignement supérieur et l’apprentissage du français professionnel, mais diffusé à grande échelle : depuis 2017, la plus grosse organisation œuvrant pour l’enseignement/l’apprentissage des langues aux États-Unis, l’ACTFL (American Council for the Teaching of Foreign Languages) a en effet lancé une campagne nationale de promotion du plurilinguisme intitulée Lead With Languages, afin d’inciter les Américains à apprendre une/des langue(s) étrangère(s) dans des perspectives professionnelles.

Dans les systèmes éducatifs nationaux

C’est au niveau secondaire que l’on trouve les cohortes les plus importantes d’apprenants de français. Langue en effet  introduite dans de nombreux établissements publics et surtout privés (ces derniers proposant une offre plus diversifiée pour l’enseignement des langues vivantes que l’enseignement public) de différents pays d’Amérique latine, parfois dès le niveau primaire voire préscolaire.

Un engouement  pour les programmes bilingues francophones à New York, en Louisiane et dans l’Utah

En 2000, on estimait à 260 environ le nombre de programmes bilingues (anglais-espagnol, anglais-chinois, anglais-français), et plus de 2 000 programmes ont été recensés en 2017 dans la dernière enquête de la National Association for Bilingual Education (NABE) : une tendance qui se poursuit.

En 2018, 160 écoles ont fait le choix d’ouvrir un programme bilingue francophone, pour un total d’environ 29 000 élèves. Et 36 de ces établissements (22,5 %) étaient par ailleurs déjà détenteurs du LabelFrancÉducation en 2017 (marque de qualité pour l’enseignement bilingue francophone), faisant des États-Unis le premier réseau labellisé dans le monde.

Malgré un intérêt ou potentiel manifeste pour le français, la décroissance de 12% des effectifs de FLE dans les systèmes éducatifs semble pourtant traduire un manque d’intérêt à favoriser le plurilinguisme, et  à intégrer – voire à rendre obligatoire- d’autres langues, notamment le français, aux côtés de l’anglais, tout au moins pour le moment.

Au sein du réseau culturel des IF et des AF

Les effectifs de FLE au sein du réseau des AF et des IF sont globalement en baisse de – 27% dans la région, mais évoluent positivement plus particulièrement au Canada, au Chili, à Cuba, en Haïti, au Venezuela.

Répartition des effectifs des cours de FLE des AF par région en 2017

Les enseignements de FLE proposés par le réseau des AF (et quelques IF) est  très bien enraciné dans la région depuis 1884 (année où la 4ème  AF  créée à l’étranger ouvre à Mexico),  comptant parmi les plus grands réseaux régionaux au monde avec 316 AF réparties dans 31 pays (112 en Amérique du Nord, 186 en Amérique latine, et 18 dans la zone Caraïbe) et des plus étendus (États-Unis, Argentine, Brésil, Mexique), avec presque 196 000 apprenants, qui représentent 42% des effectifs mondiaux.
Le nombre d’apprenants de français dans les AF vient également traduire la vitalité de l’apprentissage du français dans la zone à l’échelle mondiale et plus particulièrement au Mexique (3ème au monde), au Brésil (4ème), aux États-Unis (5ème), en Colombie (8ème),  ou encore au Pérou (9ème).

Répartition des effectifs des cours de FLE des instituts français par région en 2017

Le nombre de candidats aux certifications officielles de français  dans des pays tels que le Mexique, la Colombie, Haïti, le Brésil, l’Argentine, ou encore Cuba, démontrent enfin l’intérêt que le français représente dans le cadre de projets de mobilité universitaire ou professionnelle.

« Professionnalisation de la filière d’enseignement du français en République dominicaine »

Ce projet vise à accompagner la structuration de cette filière par un appui à son pilotage, ainsi que par l’élaboration d’une formation initiale conforme aux standards internationaux des universités, susceptible de garantir un enseignement de qualité sur le terrain.
D’une durée de 2 ans (2017-2019), le projet cible les cadres du ministère de l’Éducation pilotant l’enseignement du français, les professeurs de FLE, les professeurs d’écoles secondaires publiques du réseau d’excellence qui a été renforcé, les étudiants inscrits en master et licence FLE.
Il est issu des conclusions et recommandations formulées au cours des rencontres universitaires francophones qui se sont déroulées avec l’appui de l’Agence universitaire de la francophonie dans la Caraïbe, l’Ambassade de France en République dominicaine, l’Institut caribéen d’études francophones et interculturelles (ICEFI) et l’Université autonome de Santo-Domingo (UASD) en mars 2017, dans le cadre de la Semaine de la langue française et de la francophonie. Et se poursuit en 2018 avec l’appui de l’Ambassade de France.

Le français langue professionnelle, d’intégration et de mobilité

Cette région est la 2ème au monde  en nombre de candidats aux versions « jeune public » du DELF (après l’Europe), où nombre de candidats se présentent également aux certifications pour l’émigration au Québec ou au Canada, dans le cadre de mobilités internes vers le Québec, de l’évolution de statuts d’étudiants ou de résidents vers la citoyenneté canadienne.

Les certifications en français professionnel semblent  également s’implanter dans quelques pays (Cuba, Haïti, Pérou) notamment en tourisme, aux Etats Unis dans les Universités en  français des affaires, ou encore dans les universités technologiques mexicaines (dans les filières transport, hôtellerie, gastronomie, tourisme).

À noter enfin le dispositif de formation en français qui a été développé au sein des filières professionnelles des universités technologiques au Mexique : obligatoire dans certaines filières comme le transport, l’hôtellerie, le tourisme, la gastronomie pour plus de 8000 étudiants, tout comme la certification officielle des compétences, il est également combiné au programme de mobilité MEXPROTEC qui favorise les expériences professionnelles en France et au Québec.

LE FRANÇAIS PROFESSIONNEL AU MEXIQUE DANS LES UNIVERSITÉS TECHNOLOGIQUES : MOBILITÉ DES ÉTUDIANTS VERS LE QUÉBEC ET LA FRANCE

Dans le cadre de l’accord de coopération signé en 2014 entre le ministère d’Éducation supérieur au Mexique et le ministère des Affaire étrangères de la République française, 52 universités technologiques et 5 polytechniques (parmi les 185 réparties sur l’ensemble du territoire, qui proposent des formations techniques supérieures de 2 ans) ont rendu le français obligatoire dans certaines filières comme le transport, l’hôtellerie, le tourisme et la gastronomie pour plus de 8 000 apprenants de français (avec l’appui de 210 professeurs de français).

L’Ambassade de France au Mexique, le CIEP et la Délégation de Québec au Mexique appuient également la formation d’environ 110 enseignants chaque année, dans le cadre de séminaires, animés par des formateurs qui viennent de la France et du Québec pour partager leurs expériences professionnelles en FLE, FOS, FOU et FS, et dans différents domaines spécifiques de formation.

Les certifications  officielles de français ont par ailleurs été intégrées dans les filières, et combinés au programme de mobilité MEXPROTEC, qui permet aux étudiants de niveau B1 d’aller effectuer une 3e année de spécialisation en France dans un IUT (Institut universitaire de technologie).

Entre 2015 et 2018,  2576 étudiants ont été  candidats au TCF tout public, 907 au DELF PRO, et 4386 au DELF-DALF tout public, dans les  centres d’examens qui ont été créés directement dans les universités technologiques.

Le programme MEXPROTEC a été créé en 2001 par le gouvernement mexicain initialement pour les étudiants en électronique, mécanique, informatique et biochimie, puis s’est ouvert au tertiaire,  afin d’accueillir les étudiants en logistique, administration, commerce et tourisme

Un programme de mobilité permet également aux étudiants de même statut d’aller au Québec pour suivre des cours de spécialité pendant 4 mois dans un CEGEP (Collège d’enseignement général et professionnel). Et 8 cohortes (134 étudiants au total) ont bénéficié de cette bourse depuis 2010 (3 en 2010, et 23 en 2017).

Une première université technologique bilingue franco-mexicaine a enfin été créée en 2017 à Juárez (Nuevo León) afin de permettre à  3 000 étudiants de suivre des formations de techniciens supérieurs et d’ingénieurs spécialisées dans les industries de l’automobile, de l’aérospatial et de l’énergie. La particularité de cette université repose sur son modèle éducatif, inspiré comme toutes les autres universités technologiques mexicaines des IUT français, reconnu dans les deux pays pour être proche des besoins des entreprises et pour sa capacité à favoriser la mobilité sociale.