Afrique subsaharienne et océan Indien

Carte Afrique Subsaharienne-Ocean Indien_FLE2018

Préscolaire

Primaire

Secondaire

Supérieur

Afrique du Sud

4 488

15 244

3 976

Angola

190 000

700

Cameroun

199 176

987 129

557 202

Cap-Vert

42 822

131

Erythrée

70

Ethiopie

335

2 400

1 450

580

Ghana

200

481 727

2 884

Lesotho

1 000

8 000

300

Madagascar

608 384

4 733 726

1 518 828

66 727

Maurice

27 276

92 989

110 582

48 089

Mozambique

530 644

1 280

Namibie

2 363

1 756

Sao Tomé-et-Principe

11 515

17 774

107

Seychelles

2 986

8 974

6 348

24

Swaziland

Note : les effectifs sont donnés pour l’année scolaire 2016/2017 sauf Cameroun, Madagascar, Mozambique, Namibie (2015/2016).
Pays membres de l’OIF
Pays observateurs à l’OIF
Pays associé à l’OIF

Parmi les 29 pays de l’espace francophone qui ont le français comme langue officielle -unique ou co-officielle- 21 se situent en Afrique subsaharienne, dont 13 ont le français comme seule ou principale langue d’enseignement dès l’entrée à l’école, et les 5 autres (le Burundi, le Cameroun, Djibouti , Madagascar et le Tchad) conjointement à une ou plusieurs autres langues, entièrement ou partiellement, selon les niveaux. Car la plupart des systèmes éducatifs des pays d’Afrique subsaharienne et de l’Océan indien ont été fondés par les anciennes puissances coloniales (anglaise, française, portugaise et dans une bien moindre mesure espagnole), puis réformés par les gouvernements et États aux indépendances.

Les langues anciennement coloniales ont perduré dans les systèmes éducatifs, également en tant que langues véhiculaires ou internationales, partageant aujourd’hui le statut de langue officielle ou co-officielle aux côtés des langues nationales africaines (d’ouverture parfois également transfrontalière voire régionale, comme le Swahili en Afrique de l’est) dans des environnements toujours marqués par le multilinguisme et la diversité culturelle.

Le français n’occupe bien souvent dans les faits qu’une fonction de langue seconde voire de langue étrangère, sur un continent marqué par une grande diversité dans les choix de politiques linguistiques et dans la réalité des usages ; dans des contextes socio- économiques et géopolitiques fragiles, où la scolarisation pour toutes et tous, la formation et l’insertion professionnelle des jeunes et des femmes, ainsi que la formation des enseignants, sont des défis majeurs à relever.

ÉTAT DES LIEUX

Répartition des apprenants de FLE dans le monde en 2018

Berceau de la Francophonie,  la région Afrique de l’Ouest est aussi l’une des principales aires géographiques de la Francophonie, au regard du nombre de pays concernés et de la place qu’occupe la langue française dans leurs systèmes linguistique, éducatif, administratif, économique et culturel. Des 16 pays que compte l’Afrique de l’Ouest, 12 sont membres de l’OIF, dont 8 ont le français comme langue officielle et les 4 autres comme langue étrangère. De ces 12 pays, seul le Ghana a le statut d’État membre associé, les 11 autres étant des États membres de plein droit de l’OIF.

Dans les pays francophones d’Afrique subsaharienne, des enseignements de FLE sont dispensés de façon marginale au sein du réseau des IF et des AF, de centres de langues, à destination d’apprenants étrangers, étudiants ou professionnels désireux de s’intégrer; ainsi que des enseignements de français -alphabétisation, post-alphabétisation, ou encore perfectionnement en français (rédaction, prise de parole, ateliers d’écriture etc.)- à destination des populations locales, partiellement francophones, non alphabétisées en français, ou juste en demande d’une remise à niveau en langue française.

L’Afrique subsaharienne non francophone représente par ailleurs un poids démographique et économique important sur le continent, avec des situations tout aussi complexes et diverses pour les questions linguistiques -au vu des choix de langues officielles et nationales qui ont été faits par les États pour l’administration, l’enseignement – que pour les usages au quotidien des locuteurs , et des activités professionnelles, commerciales, des échanges qui se globalisent notamment aux frontières.

Le français y occupe une place de langue étrangère de plus en plus privilégiée en tant que langue internationale africaine, pour les échanges avec les pays frontaliers, souvent francophones. En témoignent notamment les choix qui sont faits dans les systèmes éducatifs au Ghana (où le français est obligatoire au lycée depuis la rentrée 2016-2017) ou encore en Gambie (où le français est obligatoire à l’université pour tous les programmes qu’elle offre) ainsi qu’un intérêt grandissant pour les formations en français professionnel dans des pays comme l’Afrique du Sud ou encore au Kenya.

Elle occupe la deuxième place au monde par le nombre d’apprenants de français langue étrangère, du fait notamment de la présence de systèmes éducatifs officiellement ou de facto « bilingues », comme au Cameroun (anglais-français), à Madagascar (malagasy-français) ou à Maurice (créole-français) qui favorisent l’apprentissage du français très tôt ; mais aussi en raison de l’engouement pour le français dans des pays où l’anglais est  média d’enseignement (Nigéria, Ghana, Liberia, Rwanda), ou le portugais (Angola, Guinée-Bissau, Mozambique, São-Tomé-et-Príncipe) ou encore l’espagnol pour la Guinée équatoriale.

Les pays romanophones, dont les États ont inscrit l’espagnol ou le portugais dans leur constitution, font en effet partie des promoteurs actifs de la francophonie, puisqu’ils sont tous (à l’exception de l’Angola) membres de la Francophonie (le Cap vert, la Guinée Bissau, la Guinée Equatoriale, le Mozambique, et Sao Tomé et Principe). Le français ayant par ailleurs longtemps été obligatoire dans l’enseignement public de ces pays comme au Portugal.

LES EVOLUTIONS

Sur le continent africain, l’enseignement du FLE progresse de façon considérable, plus particulièrement en Afrique du Nord mais également en Afrique subsaharienne et dans l’Océan Indien, deuxième région au monde par le nombre d’apprenants de FLE, et où le français est langue d’enseignement dans de nombreux pays

Dans les systèmes éducatifs nationaux

Dans les pays non francophones, les apprenants de FLE représentent 23% des effectifs mondiaux, dans une région  marquée par la plus forte augmentation à l’échelle mondiale (+126 %), avec de belles progressions au Mozambique, à Sao Tomé Et Principe, en Namibie, ou plus modérées en Afrique du Sud, en Angola.

Dans les pays d’Afrique anglophone, c’est dans le secondaire que le français est enseigné comme langue optionnelle, l’implantation du français dans ces pays étant cependant loin d’être généralisée. Le français est la 1re LVE dans l’enseignement primaire, secondaire et supérieur au Nigeria, la 2e LVE proposée dans le secondaire et le supérieur au Soudan, tandis qu’en Afrique du Sud, il n’est proposé que dans un certain nombre d’établissements privés du secondaire et dans les universités les plus prisées.

Les associations nationales des professeurs de français membres de la FIPF sont coordonnées par la Commission de l’Afrique et de l’océan Indien (APFA-OI), avec 33 associations de tailles assez disparates : de moins de 50 membres (Burundi, Guinée Équatoriale, Tanzanie…) à des associations de 250 à 500 membres (au Mali et au Sénégal). Certains pays rassemblent par ailleurs plusieurs associations, comme au Congo (2 associations) ou encore au Nigeria (3 associations). Il s’agit d’une zone dans laquelle les conditions d’enseignement et d’association sont particulièrement difficiles.

La Méthode d’apprentissage de la langue française « En Avant ! »

Contextualisée pour les professionnels de la paix en partenariat avec le Ministère français de l’Europe et des Affaires étrangères, elle a été conçue  dans un premier temps pour les forces de sécurité du continent africain, puis de l’Océan indien. Elle est principalement axée sur l’environnement des opérations de maintien de la paix, ainsi qu’en faveur de la promotion du multilinguisme au sein des Nations unies. Des manuels spécialisés en sécurité intérieure (dédiés aux forces de police, à la gendarmerie et aux services de secours), des déclinaisons pédagogiques bilingues (arabe, anglais, etc.) et des formations pédagogiques pour des publics spécifiques ont par ailleurs été créés.

La francophonie universitaire dans l’Océan Indien

Entre autres activités organisées au bénéfice du renforcement du français dans les universités de la région de l’océan indien, le bureau régional de l’AUF a accompagné:

• La création d’une plateforme pédagogique de ressources pour la formation au socle commun de compétences, afin d’améliorer la qualité de l’enseignement par le renforcement des compétences linguistiques dès le niveau L 1 (création d’un référentiel des compétences en français pour l’Université des Comores, de ressources pédagogiques pour l’enseignement et l’apprentissage du français, mise en place d’un système de formation en ligne pour les modules transversaux).

• Des rencontres des doctorants et des jeunes docteurs en Sciences Humaines et Sociales provenant des universités et des laboratoires de l’Océan indien, dans le cadre de l’École doctorale régionale Prélude en « Langues, pluralités et développement dans la Zone Océan Indien». Permettant ainsi  de renforcer les capacités de formation et de recherche doctorales dans les institutions universitaires- dans les îles du sud-ouest de l’Océan Indien et dans les pays d’Afrique australe et orientale- en appuyant la production et la mutualisation des ressources en “Langues, pluralités et développement” et la formation à la recherche et l’amélioration des performances des enseignants chercheurs.

La formation à Distance des Enseignants du Primaire à Madagascar dans le cadre du dispositif de formation FADEP, visant à renforcer les compétences professionnelles des enseignants à travers un dispositif hybride de formation à distance — FADEP.MG

Un réseau d’écoles pilotes au Kenya pour le renforcement de l’enseignement en français

Au Kenya, le service culturel de l’Ambassade de France a travaillé à la mise en place depuis 2016 d’un réseau d’écoles pilotes, engagées pour un renforcement de l’enseignement du français. 16 établissements à Nairobi et Mombasa participent déjà à ce réseau. Avec la mise en place de centres de ressources pour le français, de clubs de français et de cours de français renforcé, les certifications de langue française sont identifiées comme un des outils de renforcement et d’amélioration de l’offre éducative de ces établissements.

L’enseignement du FLE semble enfin se tourner vers le français professionnel notamment dans le supérieur, dans la perspective de l’amplification des activités professionnelles et commerciales qui s’opèrent avec les Etats frontaliers francophones.

Au sein du réseau culturel des IF et des AF

Le nombre d’apprenants de français au sein du réseau des IF et des AF évolue légèrement,  les 27 IF et 98 AF rassemblant un total d’environ 78 000 apprenants, dont 48 00 dans les pays – même partiellement – francophones, et 30 000 dans les pays non francophones.

Les effectifs les plus importants sont concentrés à Madagascar avec 30 600 apprenants, au Nigéria (7 500 apprenants), au Ghana (3 900 apprenants) au Kenya (3 000 apprenants) ou encore en Afrique du Sud (2 800 apprenants).

Les effectifs des AF dans les pays -même partiellement- francophones

Presque 40 000  apprenants sont inscrits dans les AF au cours de français (FLE, alphabétisation, perfectionnement en français etc.) en 2017, avec les cohortes les plus importantes à Madagascar (30600), aux Comores (), et en Centrafrique (2900), et considérablement en baisse de 2012 à 2017 dans des pays comme le Cameroun (de 4300 à  80 ), et le Congo RD (de 2900 à 560).

Les effectifs des AF dans les pays francophones

Presque 25 700 apprenants sont inscrits en 2017, avec les cohortes les plus importantes au Nigéria (5400, contre 9800 en 2012), au Ghana (3900), au Kenya (3000) en Afrique du Sud (2800) en Ethiopie (2600), en Angola (2200).

Répartition des effectifs des cours de FLE des AF par région en 2017

Les effectifs des IF dans les pays -même partiellement- francophones

Environ 8 200 apprenants sont inscrits dans les IF en 2017 avec les cohortes les plus importantes au Cameroun (1 500, contre 600 en 2012), au Mali (1 300 apprenants en 2017, contre 700 en 2013) et au Sénégal (1 300 apprenants en 2017).

Les effectifs des IF dans les pays non francophones

Environ 4 500 apprenants sont inscrits en 2017 dans les cours de français (FLE, alphabétisation, perfectionnement en français etc.) de 3 Instituts français au Nigéria (2 100 apprenants), au Soudan (1 600) et au Mozambique (700).

Répartition des effectifs des cours de FLE des instituts français par région en 2017

À noter que les effectifs sont globalement en hausse dans les IF (passant d’un peu plus de 10 000 apprenants en 2013 à 12 700 en 2017) et à la baisse pour les AF (passant d’un total de 73 500 apprenants en 2012 à 65 300 en 2017) pour l’ensemble de la zone, des évolutions à nuancer cependant selon les pays.

APPUI AU RÉSEAU FRANCOPHONE DE TRADUCTEURS ET INTERPRÈTES DE CONFÉRENCE (REFTIC) ET AUX ÉTUDIANTS DES FILIÈRES DE TRADUCTION ET INTERPRÉTATION AU SÉNÉGAL ET AU CAMEROUN

En 2018, l’OIF poursuit sa coopération avec les organisations régionales et internationales dans le champ de la traduction et de l’interprétation. Ainsi l’OIF met-elle à disposition de ses organisations partenaires une médiation linguistique de qualité grâce au Réseau francophone de traducteurs et interprètes de conférence (REFTIC). 

Composé désormais de 65 membres accrédités et susceptibles de répondre aux besoins des organisations partenaires, le REFTIC anime des ateliers de formation et d’accréditation au bénéfice de professionnels indépendants afin qu’ils puissent exercer auprès des organisations régionales et internationales, et faire vivre le multilinguisme, à travers la promotion de l’usage du français, dans les instances internationales. Depuis sa création en 2014,  une dizaine d’ateliers se sont tenus, en interprétation et traduction de conférence, ciblant au total une centaine de professionnels, dans des institutions telles que l’Union africaine à Addis-Abeba ou la Banque africaine de développement à Abidjan.   

De plus, afin d’assurer le renouvellement des professionnels, l’OIF soutient les filières de traduction et interprétation de deux établissements sur le continent africain l’École supérieure de traducteurs et interprètes à Buéa (Cameroun) et l’Université Gaston Berger (Sénégal).

Enfin, le REFTIC a vocation à enrichir les combinaisons linguistiques proposées par les membres du réseau, pour s’ouvrir aux langues « minoritaires » de l’Union européenne ainsi qu’aux langues « communautaires ». En effet, certains pays membres de la Francophonie (tels que la Grèce) font face à une demande croissante en terme de médiation linguistique au bénéfice des migrants et réfugiés ayant besoin d’accéder aux services publics du pays d’accueil.

oif_go_further_icoPour aller plus loin…