Afrique du Nord et Moyen-Orient

Repartition-des-eleves-scolarises-en-francais-afnmo-2018
Effectifs des établissements nationaux pour lesquels l’enseignement est majoritairement en français (+ 60 % de DNL en français) en 2016-2017

Effectifs des établissements nationaux pour lesquels l’enseignement est majoritairement
en français (+ 60 % de DNL en français) en 2016-2017

Nombre d’enfants scolarisés en français
dans les établissements  de l’AEFE
(2017-2018)

Préscolaire Primaire Secondaire Supérieur

TOTAL

TOTAL

Egypte

37 000

7 555

Emirats arabes unis

9 200

9 200

9 541

Liban

116 653

261 080

177 757

85 470

640 960

57 972

Maroc

701 684

248 978

826 130

1 776 792

36 945

Mauritanie

1 008

Qatar

2 930

Tunisie

463 000

463 00

10 242

Pays membres de l’OIF
Pays observateurs à l’OIF
Pays membre associé de l’OIF

L’Institut de la Francophonie pour l’ingénierie de la connaissance et des formations à distance (IFIC)

L’IFIC, institut international de l’AUF créé à Tunis en 2012, a pour mission principale de répondre aux nouveaux défis de l’enseignement numérique francophone, et de participer au développement et à la modernisation des systèmes éducatifs partout dans le monde, en lien étroit avec les établissements membres de l’AUF.

Ses actions s’inscrivent toutes dans une dynamique d’innovation, qu’il s’agisse de la formation et de la sensibilisation, du conseil et de l’expertise, ou de la recherche et de la veille.

En interaction avec les CNF et les universités partenaires, l’institut organise et coordonne, sur des sujets en rapport avec ses domaines d’intervention, des webinaires, des barcamps, des ateliers TeduX, et des formations de formateurs (en présentiel ou non) mais accompagne aussi les porteurs de projets en matière de formation ouverte et à distance, et de CLOM.

L’IFIC est en outre chargé de la mise en œuvre du métaportail IDNEUF de ressources éducatives libres. Dans le domaine de la recherche, l’IFIC soutient des projets et des dispositifs novateurs dans le domaine du numérique éducatif.

Enfant syrien

Entretien avec une professeure de l’ONG AMEL au Liban

En quoi consiste votre travail pour Amel ?

J’ai été engagée chez Amel en tant que professeure de français. Quatre soirs par semaine, mon travail consiste à apporter un soutien en français aux 150 enfants inscrits dans le programme éducatif du centre Amel de Ain el Remaneh.

Quel est le profil de vos élèves ? Pourquoi est-ce important pour eux qu’ils apprennent le français ?

La plupart de mes élèves sont d’origine syrienne mais il y a tout de même des élèves d’origine libanaise.  Il s’agit d’enfants particulièrement vulnérables, la plupart ayant un parcours éducatif chaotique à cause de la guerre, de l’exil, puis de grandes difficultés à s’inscrire et à se maintenir dans le système libanais en tant qu’enfant syrien. Tous ces élèves vont dans des écoles francophones et de ce fait suivent toutes les matières en français. Le système éducatif libanais est en effet un système bilingue (arabe-français ou arabe-anglais) dans lequel un fort accent est mis sur les langues étrangères. De ce fait, en plus des cours de langue, les matières scientifiques ; l’histoire-géographie et l’éducation civique se font dans la deuxième langue et non en arabe. C’est nouveau pour eux, car en Syrie le curriculum est uniquement en arabe (…) et donc sans le français, ils ne peuvent pas suivre le reste des cours enseignés dans leur école.

Comment donner l’envie à ces enfants d’apprendre le français, et quels supports utiliser?

(…) Bien que le français soit une langue très présente au Liban, les élèves fréquentant le centre ne semblent cependant pas l’utiliser pas en dehors de l’école, ce qui en fait donc une langue étrangère pour eux.

Leur parcours scolaire a par ailleurs été fortement perturbé, raison pour laquelle il faut appréhender l’apprentissage du français différemment, pour parvenir avant toute chose à leur faire aimer le français.

ils apprennent déjà le français à l’école selon un programme établi et avec des difficultés, il faut donc  rendre l’apprentissage du français plus ludique que scolaire à travers l’apprentissage de chants, le visionnage de petits films, des concours de récitation, d’orthographe, la préparation de pièces de théâtre etc.

Cette région comprend 5 membres de plein droit de l’OIF (l’Egypte, le Liban, le Maroc, la Mauritanie et la Tunisie), un membre associé (le Qatar), ainsi qu’un pays observateur (les Émirats arabes unis). La langue française y occupe une fonction de langue étrangère, mais bénéficie de dispositions juridiques privilégiées : langue d’enseignement aux côtés d’une ou de plusieurs autres langues (en Tunisie, au Maroc, en Algérie, en Mauritanie, au Liban et en Egypte), souvent dès le primaire, elle est aussi langue d’enseignement dans de nombreuses filières du supérieur.

Dans les pays du Maghreb, le français occupe une place particulière, même s’il n’est plus langue officielle depuis plus d’un demi-siècle. Il continue en effet d’être utilisé par une partie de la société, notamment les élèves et les étudiants ainsi que l’administration, au côté de l’arabe, langue officielle – parfois aux côtés des langues amazigh-tamazight-chelha, etc. – et reste également présent dans le monde du travail, les médias, le secteur du livre et la presse.

Il faut également rappeler la conjoncture actuelle de certaines zones où les conditions de vie et donc d’apprentissage dans les systèmes éducatifs sont fortement déstabilisées en raison de conflits (Irak, Syrie, Lybie) rendant difficile l’obtention de données fiables – loin des priorités des pays – mais préfigurant également de nouvelles réalités démographiques, linguistiques et éducatives dans des pays d’accueil de migrants tels que le Liban, notamment pour l’intégration dans le système éducatif des populations fragilisées.

ÉTAT DES LIEUX

L’enseignement en français dans cette partie du monde représente 0,2% du total, avec plus de 160 000 élèves concentrés dans les établissements scolaires français (plus particulièrement au Liban et au Maroc)

Répartition dans le monde des élèves scolarisés en français en 2018

Dans les systèmes éducatifs nationaux

En 2016-2017, un enseignement était majoritairement dispensé en français au Maroc à plus de 1,7 millions d’élèves (dont plus de 800 100 dans les établissements privés du supérieur qui donnent une place prépondérante au français).

Un enseignement était par ailleurs majoritairement dispensé en français à 37 000 élèves en Egypte, à plus de 9 000 élèves du secondaire des Emirats arabes unis, 640 00 élèves au Liban et 463 000 du secondaire en Tunisie. Et plus de 555 00 élèves suivaient un enseignement bilingue français/arabe au Liban en 2016-2017.

Dans les établissements du réseau scolaire français

En 2017-2018, ce sont 39% des effectifs totaux du réseau scolaire de l’AEFE qui sont concentrés dans la zone Afrique du Nord- Moyen orient (avec presque 136 000  élèves répartis au sein de 128 établissements) et plus particulièrement en Égypte, aux Émirats Arabes Unis, en Tunisie, et surtout au Maroc et au Liban (qui rassemblent à eux deux 70% des effectifs totaux).

Les effectifs des établissements de l’AEFE sont  principalement nationaux, pour presque les 2/3 en Tunisie et au Maroc (avec environ 1/3 de français), à presque 90 % pour le Liban, 86 % pour l’Égypte, 85 % pour le Koweït. Les effectifs sont par ailleurs essentiellement  étrangers (français, et d’autres nationalités étrangères aux pays d’accueil) à presque 100 % dans les Émirats Arabes Unis ainsi qu’en Arabie Saoudite.

Répartition des effectifs des établissements du réseau français à l'étranger (AEFE)

DES PROJETS ÉDUCATIFS POUR LES JEUNES RÉFUGIÉS AU LIBAN ET EN GRÈCE

L’OIF œuvre au développement de dispositifs de formations au français pour les jeunes dans les camps de réfugiés situés dans des pays membres de la Francophonie, notamment dans le cadre  de projets éducatifs pilotes qui ont été lancés en 2017 à destination de jeunes réfugiés au Liban et en Grèce.

Au Liban, l’OIF s’appuie sur trois ONG libanaises  pour mettre en place des programmes d’éducation non-formelle en langue française permettant aux enfants d’accéder à terme aux écoles publiques libanaises (en conformité avec la matrice déterminée par le groupe de travail et de coordination du secteur de l’éducation, incluant l’UNICEF, le HCR, le ministère de l’Education ainsi que les ONGs locales et internationales).

Le programme est mené selon trois axes : soutien à la formation au français pour les bénéficiaires, à la formation des professeurs exerçant dans les ONG éducatives (en partenariat avec TV5 Monde), à la mise en œuvre de la Caravane pédagogique (unités pédagogiques mobiles, équipées d’outils éducatifs et d’apprentissage du français, qui se rendent dans différents camps de réfugiés isolés).

Fin 2017 au Liban, 1000 enfants ont amélioré leur connaissance de la langue française à travers des activités d’éducation non-formelle, et ont accès à une éducation de qualité reconnue par le ministère de l’Education libanais, leur permettant de s’inscrire dans les écoles publiques officielles, notamment francophones. Les compétences pédagogiques de 15 professeurs ont par ailleurs été renforcées pour l’enseignement du français.

oif_go_further_icoPour aller plus loin…