Plus de 3 millions d’élèves et étudiants dans chacun de ces pays

burkina Burkina Faso
Cameroun
Côté d’Ivoire
madagascar Madagascar
mali Mali
senegal Sénégal

Le français langue d’enseignement

La langue française est la langue d’enseignement de 36 États et gouvernements dans le monde. Dans plus de la moitié d’entre eux, elle est la seule ou la principale langue d’enseignement dès l’entrée à l’école, même si dans certains cas, en Afrique subsaharienne, elle est introduite en articulation avec les langues nationales.

Pour quelques autres, le français est langue d’enseignement avec une ou plusieurs autres langues telles que l’anglais, l’arabe, le créole, le kirundi, etc., ou le devient complètement ou pour quelques matières à partir du secondaire ou du supérieur.

Répartition des élèves scolarisés en français dans le monde en 2018

Enfin la langue française peut également être langue d’enseignement, même dans les pays non francophones, au sein d’écoles spécialisées, d’établissements français ou homologués par la France (réseau scolaire français de l’AEFE) ou surtout de filières francophones, comme le démontre aussi l’étendue et la vitalité du réseau de universités membres de l’Agence Universitaire de la Francophonie.

Systèmes éducatifs nationaux

Dans les systèmes éducatifs nationaux

Sur les 81 millions d’individus suivant un enseignement en français, les ¾ sont inscrits dans des établissements nationaux (publics et privés) situés dans des pays d’Afrique subsaharienne ou de l’Océan Indien, dont environ 70 % sont concentrés dans le primaire.

En effet, à des degrés divers, le français est la principale ou unique langue d’enseignement dans les systèmes éducatifs du Bénin, du Burkina Faso, de la République centrafricaine, des Comores, du Congo, de la République démocratique du Congo, de la Côte d’Ivoire, du Gabon, de la Guinée, du Mali, du Niger, du Sénégal et du Togo. Et langue d’enseignement aux côtés d’une ou de plusieurs langues, entièrement ou partiellement, selon les niveaux, au Burundi, au Cameroun, à Djibouti, à Madagascar et au Tchad.

Des pays tels que la RDC représentent un poids considérable (19 millions d’élèves et étudiants scolarisés en français) ou encore comme le Cameroun (5 millions), Madagascar (5 millions), alors que ces pays n’affichent pas les plus forts taux de scolarisation.

Plus de 15 millions d’élèves et d’étudiants sont par ailleurs scolarisés en français en France, ce qui explique pour une large part la place de l’Europe, qui arrive en deuxième position dans cet ensemble.

Pour la zone Amérique-Caraïbe, le Québec (et le reste du Canada) , mais aussi Haïti, portent à un niveau relativement élevé le poids de cette région dans l’ensemble des apprenants en français, même si les chiffres concernant Haïti ne sont plus actualisés depuis quelques années, et que les effectifs comptabilisés dans cette catégorie sont loin de tous bénéficier d’un enseignement exclusivement en français : le créole se maintient en effet souvent au-delà des niveaux qui lui sont officiellement réservés, également du fait de l’insécurité linguistique de nombreux professeurs pourtant censés l’utiliser pour leurs cours.

La langue française est également transmise à nombre d’apprenants dans le cadre de mécanismes bilingues (Cameroun, Madagascar, Maurice), et en tant que langue étrangère dans les pays anglophones (Ghana, Gambie, Nigéria, etc.) ou encore romanophones, promoteurs actifs de la francophonie.

Intégrer les enfants syriens dans le système éducatif au Liban

DES PROJETS ÉDUCATIFS POUR LES JEUNES RÉFUGIÉS AU LIBAN ET EN GRÈCE

L’OIF œuvre au développement de dispositifs de formation au français pour les jeunes dans les camps de réfugiés situés dans des pays membres de la Francophonie, notamment dans le cadre de projets éducatifs pilotes qui ont été lancés en 2017 à destination de jeunes réfugiés au Liban et en Grèce.

S’agissant du Liban, en conformité avec la matrice déterminée par le groupe de travail et de coordination du secteur de l’éducation, incluant l’UNICEF, le HCR, le ministère de l’Education ainsi que les ONGs locales et internationales, l’OIF s’appuie sur trois ONG libanaises  pour mettre en place des programmes d’éducation non-formelle en langue française permettant aux enfants d’accéder à terme aux écoles publiques libanaises. Le programme est mené selon trois axes : soutien à la formation au français pour les bénéficiaires, à la formation des professeurs exerçant dans les ONG éducatives (en partenariat avec TV5 Monde), à la mise en œuvre de la Caravane pédagogique (unités pédagogiques mobiles, équipées d’outils éducatifs et d’apprentissage du français, qui se rendent dans différents camps de réfugiés isolés).

Fin 2017 au Liban, 1000 enfants ont amélioré leur connaissance de la langue française à travers des activités d’éducation non-formelle, et ont accès à une éducation de qualité reconnue par le ministère de l’Education libanais, leur permettant de s’inscrire dans les écoles publiques officielles, notamment francophones. Les compétences pédagogiques de 15 professeurs ont par ailleurs été renforcées pour l’enseignement du français.

IFADEM au Niger : le Ministère de l’éducation s’approprie le dispositif et en fait le socle de son plan d’action stratégique pour la formation continue des instituteurs

Après avoir expérimenté le dispositif IFADEM pour la formation continue de 500 enseignants, le Ministère de l’éducation, convaincu de l’efficacité de la solution proposée par IFADEM, a décidé de s’approprier totalement le dispositif. Grâce à une volonté politique forte, un plan d’action stratégique pour la formation continue des enseignants a été élaboré et présenté à l’ensemble de partenaires techniques et financiers intervenant dans le secteur de la formation des enseignants au Niger pour qu’ils puissent inscrire leurs actions dans ce cadre.

C’est ce que souligne Madame Zara BAKINGUE, Directrice de la formation initiale et continue du Ministère de l’éducation du Niger : « Ces résultats convaincants ont permis aux différents bailleurs d’adhérer à ce dispositif et c’est cela la plus-value d’IFADEM au niveau du Niger : le Ministère a pris conscience de l’intérêt de l’IFADEM dans l’amélioration de la qualité de l’éducation et nous avons conçu un plan d’action stratégique qui détermine la manière dont nous voulons conduire la formation continue de nos enseignants. Ce plan d’action stratégique (…) a été partagé par tous les partenaires et l’UNICEF, la coopération suisse, la Banque mondiale, la GIZ, Lux Development, s’ils veulent aider les enseignants dans le cadre de leur professionnalisation, respectent le schéma tracé par le Ministère et donc le schéma IFADEM  Si l’on veut que l’enseignant fasse correctement son travail, il faut qu’il soit sécurisé dans son métier, et le sécuriser, c’est le professionnaliser pour qu’il puisse mener son travail avec aisance, avec plaisir et c’est ce que nous sommes en train de constater sur le terrain, et c’est ce qui fait la fierté d’IFADEM au Niger. »

Zara Bakingue - Secrétaire exécutive du Niger
« PROMOUVOIR UNE ÉDUCATION  BI ET PLURILINGUE DE QUALITÉ »

Dans les pays francophones africains, les évolutions favorables au français sont conditionnées par la capacité des systèmes éducatifs de ces pays à développer des outils, des dispositifs d’enseignement bi-plurilingue adaptés dans les langues française et nationales (dans des environnements toujours marqués par le multilinguisme), à  former des cohortes déjà massives d’enfants et en constante évolution, et surtout à constituer un corps professoral suffisamment formé et substantiel pour relever ces nombreux défis.

EDUCATION BILINGUE ET PREMIERS APPRENTISSAGES

Au Mali, les enfants qui ont commencé l’école dans la langue qu’ils parlent à la maison sont parvenus en fin de scolarité à une meilleure maîtrise du français, la langue officielle, grâce au programme Pédagogie Convergente. En 1994 et 2000, les enfants ayant commencé l’école dans la langue qu’ils parlent à la maison ont obtenu à la fin de l’école primaire des notes de 32 % supérieures aux tests de connaissance du français, comparés aux élèves suivant les cours uniquement en français (Bühmann et Trudell, 2008).

Au Cameroun, entre 2007 et 2012, 12 écoles du département de Boyo, dans la région nord-ouest du pays, ont proposé un programme d’enseignement en kom, la langue locale, pour les 1re à 3e années, passant à l’anglais en 4e année. Les élèves dont la langue d’instruction est le kom surpassaient nettement en lecture et en compréhension les élèves effectuant leur apprentissage uniquement en anglais. Les élèves instruits en kom réussissaient aussi deux fois mieux aux tests de mathématiques à la fin de la 3e année. Ces gains d’apprentissage n’étaient cependant pas préservés lorsque l’anglais redevenait la seule langue d’instruction en 4e année. La sortie précoce de l’environnement en langue maternelle les a empêchés de conserver leur niveau de résultats pendant tout le programme scolaire (Walter et Chuo, 2012).

Enfin l’Éthiopie est allée plus loin que beaucoup de pays, en cherchant à combiner l’enseignement dans la langue maternelle avec l’amharique et l’anglais de la 1re à la 8e année. La participation des enfants aux programmes bilingues pendant 8 ans a amélioré leur apprentissage, non seulement dans la langue d’instruction, mais aussi dans l’ensemble des matières enseignées. Les enfants du primaire apprenant dans leur langue maternelle ont eu de meilleurs résultats en 8e année en mathématiques, biologie, chimie et physique que les élèves suivant le même enseignement uniquement en anglais (Heugh et al., 2007).

Sources : Accueil site AFD /Unesco, Rapport mondial de suivi sur l’éducation – Février 2016 – Comment apprendre, quand on ne comprend pas ? / Synthèse de la conférence internationale Réussir l’éducation en Afrique : l’enjeu des langues CIEP, 27-28 mars 2014

Education bilingue et premiers apprentissages dans les pays Afrique subsaharienne francophone

Selon que la langue française est seule ou l’une des langues d’enseignement, environ 70% des effectifs sont concentrés dans le primaire, et l’on comprend alors l’enjeu qu’une formation de qualité en français et dans les langues nationales représente dans les pays concernés.

Car même si scolarisation en Afrique subsaharienne francophone a considérablement progressé depuis le début des années 2000,  elle n’a cependant pas atteint les compétences de base attendues en fin de primaire pour le français et les mathématiques pour plus de 50% des enfants, selon les évaluations du PASEC.

Le facteur linguistique joue un rôle majeur dans la réussite des élèves dans un contexte où le français est la langue d’enseignement dès la première année de scolarisation, mais où le faible niveau des enfants (et des enseignants) compromet la réussite des premiers apprentissages et la poursuite de la scolarité.

Une approche bilingue – qui combine un enseignement continu dans la langue maternelle de l’enfant en parallèle avec l’introduction d’une deuxième langue- ou multilingue peut  donc permettre aux enfants d’acquérir de solides compétences fondamentales en lecture, écriture et calcul, et dans un premier temps dans une langue qu’ils comprennent.

La formation des enseignants

La grave pénurie d’enseignants qualifiés au niveau de l’enseignement de base est un écueil majeur qui persiste à l’échelle des systèmes éducatifs, au détriment de la qualité de l’enseignement et des résultats des élèves.

Les statistiques établies par l’UNESCO en Afrique subsaharienne indiquent en effet que presque 7 pays sur 10 sont confrontés à cette difficulté, et que la situation de nombreux pays pourrait se détériorer face à un besoin croissant. L’Afrique subsaharienne devrait en effet pouvoir créer à elle seule 2,3 millions de nouveaux postes d’enseignants d’ici 2030, tout en pourvoyant environ 3,9 millions de postes vacants.

La formation et la professionnalisation des enseignants, à travers le renforcement des compétences linguistiques, langagières professionnelles ou encore didactiques est donc déterminante pour répondre qualitativement aux besoins massifs de formation de demain.

C’est dans ce contexte que la Francophonie poursuit son engagement pour l’éducation afin d’accompagner les pays dans la mise en œuvre de réformes innovantes à travers de nouvelles approches pédagogiques bilingues, le renforcement des compétences des enseignants, en tirant notamment profit des potentialités du numérique. Et c’est à l’IFEF – organe subsidiaire de l’OIF installé à Dakar en 2017 – qu’a été confiée la mission de fournir aux États et gouvernements membres de l’OIF, ainsi qu’à ses partenaires, une expertise technique qui contribue à l’élaboration, la mise en œuvre, le suivi et l’évaluation des politiques éducatives.

Parmi les programmes portés par l’IFEF, 2 expérimentations sont menées aux côtés des États et des Gouvernements pour répondre plus particulièrement aux problématiques évoquées : l’initiative francophone pour la formation à distance des maitres (IFADEM), et l’initiative « École et langues nationales » en Afrique (ELAN-Afrique).

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LabelFrancÉducation :
une marque de qualité pour l’enseignement bilingue francophone

Créé en 2012, le LabelFrancÉducation est attribué par le ministère français de l’Europe et des Affaires étrangères (MEAE) aux filières d’excellence bilingues francophones proposant un enseignement renforcé de la langue française et d’au moins une discipline non linguistique en français, conformément au programme officiel du pays d’accueil.
Le LabelFrancÉducation vise à promouvoir des filières ou des établissements publics et privés d’enseignement élémentaire et secondaire étrangers hors de France, dans des filières générales, technologiques ou professionnelles, et qui contribuent, dans le cadre de leur enseignement national, au rayonnement de l’éducation, de la langue et de la culture françaises.
En décembre 2017, ce réseau compte 209 filières bilingues implantées dans 44 pays, qui scolarisent près de 95 000 élèves dans l’enseignement primaire et secondaire.
La gestion opérationnelle du LabelFrancÉducation a été confiée à l’Agence pour l’enseignement français à l’étranger (AEFE).

Au sein du réseau scolaire français à l’étranger

Le Réseau scolaire des établissements français ou homologués par la France à l’étranger de l’AEFE (Agence pour l’enseignement français à l’étranger) et des établissements partenaires de la Mlf (Mission laïque française) offrent par ailleurs des enseignements en français aux enfants d’expatriés installés à l’étranger, ainsi qu’aux élèves nationaux et d’autres nationalités qui souhaitent bénéficier de l’expertise française pour suivre une scolarité en français dans le primaire, le secondaire, et éventuellement préparer des projets de mobilité universitaire.

Ce réseau est coordonné par l’AEFE, constitué en 2017-2018 de 492 établissements, répartis dans 137 pays, qui proposent des enseignements en français, également de français langue étrangère (notamment dans le cadre des filières bilingues), qui scolarise  presque 350 000 élèves dont 36 % sont français, mais aussi 64 % nationaux ou d’autres nationalités.

Parmi ces 492 établissements homologués par l’Éducation nationale, 74 sont gérés directement par l’AEFE, 153 sont gérés par des fondations de droit local à but non lucratif, et 265 établissements partenaires sont gérés par des associations de droit privé français ou étranger (dont 93 par la Mission laïque française).  

Les plus gros effectifs sont concentrés dans la région Afrique du Nord et Moyen -Orient avec 135 527 élèves (dont 33 345 sont scolarisés dans les établissements de la Mlf, Mission laïque française).

Répartition des effectifs des établissements du réseau français
à l'étranger (AEFE) par régions - 2018

L’ensemble de ces établissements forme un réseau de collèges et lycées homologués par le ministère de l’éducation nationale français unique au monde, par son étendue et la qualité de l’enseignement qu’il dispense, conforme aux programmes français. Les effectifs sont répartis à 18% en maternelle, 39% en primaire, 27% en collège et 16% au lycée.

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LE DISPOSITIF FLAM (Français LAngue Maternelle) POUR L’ENSEIGNEMENT BILINGUE FRANCOPHONE

Ce dispositif vise depuis 2001 à soutenir des associations qui proposent des activités -dans un contexte extrascolaire- à des enfants français établis à l’étranger, permettant ainsi de conserver la pratique du français en tant que langue maternelle, et le contact avec les cultures française et francophones.
Les associations peuvent ainsi bénéficier de subventions d’appui au fonctionnement au démarrage de leur projet, ainsi que de subventions pour l’organisation de regroupements régionaux d’associations FLAM. Avec plus de 150 associations subventionnées dans près de 40 pays depuis la mise en place du dispositif.
L’opérateur désigné par le MEAE (à l’initiative de ce dispositif, aux côtés d’élus représentant les Français établis hors de France) pour la gestion administrative du dispositif FLAM est l’Agence pour l’enseignement français à l’étranger (AEFE).