Pour 33 pays constituant
« l’Espace francophone » (EF)*

12,4% de part moyenne de leurs échanges avec un pays de l’EF

17,8% d’échanges en plus grâce au partage de la langue française

+3,5% de leur taux d’ouverture en moyenne

+4,2% de PIB par tête en moyenne grâce à l’appartenance à cet espace

LE FRANÇAIS, UN ATOUT ÉCONOMIQUE

Espace économique francophone ou francophonie économique, les définitions sont assez fluctuantes et les données qui les accompagnent, encore rares, manquent souvent de précision et de rigueur. On constate néanmoins que la question de la valeur économique de la langue française et/ou de la francophonie (considérée comme la communauté des locuteurs de français), voire de la Francophonie (comme l’ensemble des 29 pays qui ont le français pour langue officielle ou celui des 84 États et gouvernements membres et observateurs de l’OIF) occupe une place croissante dans les débats et les études. La Francophonie institutionnelle elle-même, qui n’a jamais négligé le volet économique de sa coopération, a décidé de se doter d’une stratégie spécifique en la matière, adoptée en novembre 2014 lors de son XVe Sommet à Dakar.

Distinguons d’entrée deux dimensions qui, certes, s’autoalimentent mais ne se confondent pas.

D’une part, celle qui caractérise le poids économique relatif d’un ensemble de pays qui constituent la Francophonie (de facto, parce que le français est utilisé quotidiennement sur leur territoire ou de jure parce qu’ils ont adhéré à l’OIF). En affinant, on peut étudier aussi l’avantage que le partage de cette langue leur procure dans leurs échanges et le bénéfice qu’ils en retirent. D’autre part, celle qui s’attache à mesurer la valeur ajoutée de la langue française elle-même : en tant qu’élément constitutif d’un produit ou d’un service (un livre, un film, une information, un cours en ligne…), en tant que compétence valorisable sur le marché du travail ou dans l’entreprise, ou en tant que « bien » soumis à l’offre et à la demande (cours de français, traduction, interprétation…).

« Espace économique francophone »

L’espace économique francophone n’est pas organisé en tant que tel, mais l’appartenance à l’OIF, d’une part, et le partage de la langue française, d’autre part, produisent des effets de nature économique.

Lorsqu’ils se concertent et expriment des positions communes sur les questions économiques internationales, la voix des 84 États et gouvernements membres et observateurs de l’OIF s’élève à la hauteur du poids de ces pays : 16% de la population mondiale et 16,5% du Revenu brut mondial.

Même en réduisant le nombre de pays à ceux d’entre eux qui ont le français pour langue officielle ou qui connaissent une pratique significative de la langue française (33 pays constituant l’Espace francophone ou EF selon l’étude réalisée par Maria Masood pour LFDM 2018), l’ensemble représente encore 7,3% de la population mondiale et 8,7% du PIB mondial. Pour les pays de l’EF, le partage du français est créateur de valeur : près de 18% de flux commerciaux supplémentaires en moyenne entre deux pays de l’EF et un gain de 4,2% de richesse par habitant en moyenne.

Valeur ajoutée du français

La langue française recèle une valeur économique en soi en tant qu’élément constitutif d’un produit ou d’un service (un livre, un film ou un contenu de formation), en tant que compétence valorisable sur le marché du travail ou dans l’entreprise (utilité de la langue), ou en tant que « produit » dont l’acquisition se traduit par une dépense (cours de français, traduction, interprétation).

Industries culturelles et créatives : l’atout francophone

On voit se multiplier les études portant sur le secteur des industries culturelles (Natixis, UniFrance, Ernst&Young…) qui insistent sur les potentialités du marché francophone dans le domaine de l’audiovisuel ou de l’édition par exemple. D’ores et déjà, on constate que les pays francophones pèsent fortement dans le commerce mondial de produits culturels et que le partage de la langue française encourage leurs échanges dans ce domaine.

Coefficients estimés de l'impact des variables de proximité sur le commerce bilatéral, 1995-2015
Source : calculs réalisés par Maria Masood, Université de Genève.
Note : les losanges représentent l'accroissement moyen estimé de commerce bilatéral pour chaque variable, les pointillés représentent les intervalles de confiance à 90 %.
Source : calculs réalisés par Maria Masood, Université de Genève. Note : les losanges représentent l'accroissement moyen estimé de commerce bilatéral pour chaque variable, les pointillés représentent les intervalles de confiance à 90 %.
Le français langue de travail

Le français langue de travail constitue un atout pour les professionnels comme en témoignent les réseaux francophones qui s’organisent à l’échelle mondiale : Union des banques francophones (UBF), Réseau des associations professionnelles francophones – RAPF (comptables, notaires, assureurs, techniciens de laboratoire, gestionnaires de projets, jeunes entrepreneurs, normalisateurs), Réseau francophone de l’innovation (FINNOV). Le français et la question des langues en général dans le recrutement des entreprises internationales est centrale. Une série d’études inédites sur le sujet conduites en Arménie, en Bulgarie, au Cambodge, au Kenya, au Liban, à Madagascar, au Nigéria, en Roumanie et au Vietnam, montre la place singulière de la langue française sur le marché de l’emploi.