Journée internationale de la langue maternelle

JMLD_07022017

Un CLOM sur l'interculturel dans l'intercompréhension en langues romanes

couv arbre à paroles

Trois Espaces Linguistiques (TEL)

20 mars illustration  10cm

Diversité linguistique

Par-delà le constat que chacun partage de la diversité linguistique du monde, la prise en compte des dynamiques s’instaurant entre les langues, de leur coexistence au sein d’un même territoire, voire des interactions qui s’opèrent entre elles, est très variable selon les pays. Seules les menaces de disparition qui pèsent sur un grand nombre de langues sont réellement considérées, mais plutôt d’un point de vue patrimonial, ce dont témoignent par exemple l’adoption de la Convention pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel par l’UNESCO (2003) ou les programmes de préservation mis en œuvre par différents acteurs, comme la constitution d’un Atlas des langues en danger ou l’enregistrement des supposés derniers locuteurs d’une langue par l’UNESCO ou l’inventaire et la collecte réalisés par le programme Sorosoro.

L’espace dit « francophone » est en réalité marqué par la présence d’un très grand nombre de langues et le français se trouve pratiquement toujours en situation de coexistence avec d’autres idiomes nationaux et même, très souvent, en position minoritaire, soit par le nombre de ses locuteurs, soit par l’usage qui en est fait quotidiennement. À cet égard, les dynamiques démo-linguistiques propres aux pays d’Afrique subsaharienne sont particulièrement intéressantes à étudier (voir « Cohabitation des langues dans l’espace francophone » – extrait LFDM-2014).

De ce fait, la Francophonie a, dès l’origine, reconnu et souhaité valoriser cette diversité comme une richesse développant de nombreux programmes favorables aux langues nationales désignées comme « partenaires » du français et à leur expression culturelle. Ainsi, par exemple, du soutien aux travaux consacrés à l’élaboration de bi-grammaires dans le cadre du programme ELAN, des prix attribués aux ouvrages ou aux traductions de et vers les langues nationales, comme le Prix Kadima, des financements accordés aux industries et créations éditoriales, musicales et audiovisuelles par les différents fonds  et appels à projets gérés par l’OIF

Cette diversité linguistique francophone s’applique à la langue française elle-même, qui connaît ainsi des mutations, des variations, voire des hybridations selon les territoires dans lesquels elle est présente (voir « Le français comme on le parle »). Outre les particularités qui caractérisent les langues françaises pratiquées dans les pays où elle est la langue première, comme en Fédération Wallonie-Bruxelles, en France, au Québec ou en Suisse romande, le français se modifie et évolue au grès des usages et au contact des autres langues de ses locuteurs, comme au Maghreb, au Moyen-Orient, en Afrique subsaharienne et dans l’Océan indien, dans la Caraïbe et le Pacifique… On parle par exemple du nouchi (Côte d’Ivoire), du franbanais (Liban), du camfranglais (Cameroun), du Toli bangando (Gabon)…

Enfin, par-delà son espace, la Francophonie perçoit la présence et la vitalité des autres langues de communication internationale comme un facteur favorable et nécessaire à la diversité linguistique. Dans cet esprit, elle entretient un dialogue nourri avec les lusophones et les hispanophones grâce aux rencontres annuelles des « Trois espaces linguistiques » (TEL) constitués de la Communauté des pays de langue portugaise (CPLP), de l’Organisation des États ibéro-américains (OEI) et du Secrétariat général ibéro-américain (SEGIB). L’origine commune des langues ainsi représentées, auxquelles on peut ajouter le catalan, l’italien, le roumain, en fait également des acteurs potentiellement associés dans la promotion du multilinguisme, tout particulièrement dans les organisations internationales, par exemple par le biais de l’intercompréhension, approche plurilingue qui encourage l’échange au-delà des frontières linguistiques et qui intéresse tout particulièrement l’Organisation internationale de la Francophonie dans une logique de promotion de la diversité culturelle et de l’exploration des relations entre le français et les autres langues. Elle permet aussi de développer des outils propices à leur apprentissage mutuel, comme l’a fait l’OIF à travers le cours en ligne ouvert et massif (CLOM) « Enseigner l’intercompréhension en langues romanes à un jeune public », suivi d’une session enrichie intitulée  « L’interculturel dans l’intercompréhension en langues romanes »  Mais, l’intercompréhension peut également être mobilisée entre l’anglais et le français, par exemple. C’est ainsi que l’OIF a lancé un module en intercompréhension de l’anglais vers le français pour diplomates et fonctionnaires internationaux.

L’OIF est également partenaire de l’Organisation arabe pour l’Éducation, la Culture et les Sciences (ALECSO) dans l’attribution du Prix Ibn-Khaldoun Senghor en sciences humaines, décerné chaque année à une traduction du français vers l’arabe et de l’arabe vers le français.

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