Asie et Océanie

Carte Asie Océanie_FLE2018

Préscolaire

Primaire

Secondaire

Supérieur

Australie

250 000

8 000

Cambodge

Env. 27 000

6 600

Chine

700

Au moins 13 000

65 000- 68 000

Rép. de Corée

Entre 20 000 et 30 000

Au moins 12 000

Fidji

146

275

Hong Kong

Entre 14 000 et 16 000

Inde

400 000

90 000

Indonésie

Env. 60 000

Env. 4 000

Iran (Rép. Islamique d’)

40 000

Japon

Env. 10 000

Env. 180 000

Kazakhstan

10 500

10 000

Laos(a)

1 121

Entre 60 000 et 65 000

Env. 1 500

Malaisie

200

Env. 15 000

Env. 5 000

Myanmar

310

811

Népal

300

150

1 400

Ouzbékistan

230 258

150

Papouasie-Nouvelle-Guinée

20

20

40

Philippines

Env. 1 500

Entre 5 000 et 6 000

Singapour

Env. 5 200

Env. 1 700

Sri Lanka 3 415 5 957 369
Tadjikistan 616 3 977 1 584
Taïwan Env. 500 Env. 9 000 Au moins 2 000
Thaïlande Env. 26 000 3 000
Vanuatu 1 708 17 837 4 955
Vietnam 1 764 Env. 40 000 Entre 10 000 et 20 000
(a) +250 élèves en filières professionnelles bénéficiant d’enseignement en français de disciplines non linguistiques (DNL)
Note : les effectifs sont donnés pour l’année scolaire 2016/2017 sauf Sri Lanka (2014/2015), Fidji, Japon (2015/2016).
Pays membres de l’OIF
Pays observateurs à l’OIF

Dans cette région,  4 pays sont membres de plein droit de I’OIF (le Cambodge, le Laos, le Vanuatu, le Vietnam), la Nouvelle -Calédonie est membre associé, la Corée du Sud et la Thaïlande sont pays observateurs.

Les caractéristiques divergent selon qu’il s’agisse des pays d’Océanie, où nombre de langues vernaculaires cohabitent avec l’anglais et /ou le français,  d’Asie méridionale et plus particulièrement des pays du sous-continent indien, ainsi que des pays d’Asie du Sud-Est et du Nord -Est (qui font l’objet d’une attention particulière dans le cadre de l’étude disponible ici).

Malgré le faible pourcentage de locuteurs francophones au regard de la population totale, et son éloignement du noyau dur des pays ayant comme langue officielle le français, l’apprentissage du français reste valorisé dans un contexte de forte diversité culturelle et linguistique.  L’anglais y occupe une place de1ère langue étrangère, et le français partage avec d’autres langues le statut de 2ème  voire de 3ème langue étrangère (avec le chinois, le japonais, le coréen).

La langue française est parfois peu visible et peu audible, dans une région qui ne rassemble que 1% des francophones dans le monde, même s’il existe bien une dynamique francophone dans la région pacifique, ou le français est présent et langue véhiculaire aux côtés des langues vernaculaires: avec 99% de francophones en Nouvelle- Calédonie, 98% en Polynésie française, 83 % à Wallis et Futuna, et 32% au Vanuatu.

« LA RÉGION ASIE-OCÉANIE CONSTITUE LA PRINCIPALE ZONE D’ORIGINE
DES ÉTUDIANTS INTERNATIONAUX DANS LE MONDE »

ÉTAT DES LIEUX

Répartition des apprenants de FLE dans le monde en 2018

L’apprentissage du français conserve sa place La zone Asie-Pacifique maintient une place à notamment grâce aux pays membres de la Francophonie que sont le Cambodge, le Laos ou le Vietnam, mais aussi par l’importance des effectifs d’apprenants (en valeur absolue, car demeurant modestes par rapport au nombre d’élèves scolarisés) dans des pays fortement peuplés comme la Chine, l’Inde, ou le Japon.

Dans les systèmes éducatifs nationaux, les apprenants de FLE sont concentrés dans le secondaire, principalement en Australie pour la région Océanie,  l’Inde (avec les plus gros effectifs) et et l’Ouzbékistan pour les pays d’Asie Méridionale, le Japon et la Chine pour l’Asie du Sud et Nord- est.

LES EVOLUTIONS

Sur un total à la hausse de +8% d’apprenants entre 2014 et 2018, la part de l’Asie et de la région se réduit, avec une décrue plus ou moins forte du nombre d’apprenants de FLE selon les territoires.

Le dispositif des classes bilingues au Laos :
quelles perspectives pour les élèves ?

Le dispositif des classes bilingues a été lancé dans les années 2000 dans le cadre des programmes VALOFRASE 1 et 2. Même si cela avait été annoncé à plusieurs reprises, la forte diminution des financements de toute origine à partir de 2015 a mis fin au cercle vertueux qui existait alors : beaucoup d’élèves des classes bilingues poursuivaient effectivement soit dans une filière universitaire francophone, soit obtenaient une bourse pour aller en France, ou encore une bourse pour poursuivre l’apprentissage du français à l’Institut de France. Ces opportunités et d’études et de bourses ont largement diminué depuis.

Le DELF / DALF en Corée du sud (cf. étude)

La Corée serait au 17e rang mondial en 2016  en nombre de candidats au DELF / DALF, avec une progression constante observée de 2005 à 2010 (de 2000 à 7000 candidats), puis un tassement depuis (5000 candidats en 201). Ramené à l’importance démographique du pays, ce nombre reste impressionnant.

Outre la culture des examens très importante en Corée, cet intérêt pourrait être lié à l’accès à l’enseignement supérieur. Un élève du secondaire devant effectivement faire la démonstration de ses capacités et de son potentiel pour être accepté par une université. Une réussite au DELF ou au DALF (ou à des examens d’une autre langue) viendra donc avantageusement agrémenter le dossier. Même si le ministère de l’Éducation a interdit la valorisation d’examens de langue pour l’entrée à l’université, pour ne pas favoriser les familles les plus aisées, qui peuvent payer plus de cours privés et de frais d’examen, il semblerait que certaines universités continuent à en tenir compte. Une autre raison est liée à la recherche d’emploi. De bonnes notes en anglais ne suffisant plus à distinguer les candidats pour les entreprises, la preuve de compétences linguistiques complémentaires (en français, en espagnol …) pourrait donc faciliter la sélection.

Enfin, certains établissements (tels que les établissements secondaires supérieurs de langues étrangères) et certaines universités ont rendu les épreuves du DELF / DALF obligatoires.

Méthode LV2 NETADO.VN

De 2013 à 2017, l’OIF a accompagné le ministère de l’Éducation et de la Formation du Vietnam dans l’élaboration d’une méthode de français langue vivante 2 (LV2) contextualisée, destinée à l’enseignement du français langue étrangère au secondaire. Le premier manuel correspondant à la première année de collège a été validé par le ministère en 2017.  

Ce travail a été réalisé avec cinq concepteurs et trois rédacteurs nationaux nommés par le ministère, qui ont travaillé en collaboration avec deux experts mandatés par l’OIF, sous l’étroite supervision du CREFAP à Ho Chi Minh Ville et de la DLFCD à Paris.

Cette méthode, en lien avec le référentiel de compétences validé par le ministère de l’Éducation et de la Formation vietnamien, est inscrite dans un dispositif pédagogique plus large qui intègre de nombreuses ressources en ligne, gratuites et téléchargeables (fiches complémentaires comprenant des activités d’entraînement et d’autres activités pour la classe, notamment autocorrectives, et des animations) sur le site netado.vn.

Il s’agit là d’un produit très innovant pour le Vietnam mais aussi pour la Francophonie, dont les contenus proposés sont libres de droits afin de  permettre une plus large diffusion auprès des professeurs et des élèves. Ils seront également transférables et modifiables pour s’adapter à d’autres contextes d’enseignement.

Dans les systèmes éducatifs nationaux

L’apprentissage du français est principalement maintenu grâce aux pays membres de la Francophonie (le Cambodge, le Laos ou le Vietnam) mais aussi en raison d’importance d’effectifs d’apprenants dans des pays fortement peuplés tels que la Chine, l’Inde, ou le Japon, ainsi qu’un potentiel en Corée du Sud, membre observateur de la Francophonie depuis 2016.

Selon Campus France, la région Asie-Océanie constitue la principale zone d’origine des étudiants internationaux dans le monde, avec 1,9 millions d’étudiants en mobilité (dont 0,8 M de Chinois), soit 42% des étudiants en mobilité dans le monde.

A noter par ailleurs l’importance de la mobilité intra –régionale vers l’Australie, le Japon, la Malaisie, la Corée du Sud et la Nouvelle-Zélande, principaux pays d’accueil des étudiants d’Asie -Océanie, dans une région où l’anglais s’est imposée comme langue de communication: une réalité que les universités francophones intègrent déjà dans leur stratégie d’attractivité.

Le nombre d’apprenants de FLE dans les systèmes éducatifs des pays de la région est également particulièrement important en Inde avec 490 000 apprenants (4/5ème dans le secondaire, et 1/5ème dans le supérieur), et en Ouzbékistan avec 230 408 (principalement dans le secondaire).

Au sein du réseau culturel des IF et des AF

Le nombre d’apprenants de FLE du réseau des AF et IF est également en baisse de 3% (passant d’un peu plus de 136 000 apprenants en 2013 à 132 00 en 2017), avec des effectifs particulièrement importants en Inde (2ème pays au monde pour les AF avec 28 500 apprenants), en Chine (20 800 apprenants), ou encore en Australie (11 000).

Certains pays voient également leurs effectifs augmenter fortement entre 2012 et 2017 comme le Bangladesh (de 3500 à 6100) ou encore le Kazakhstan (de 900 à 1700).

Répartition des effectifs des cours de FLE des instituts français par région en 2017

Les effectifs des IF  les plus importants sont concentrés au Japon (avec 7500 apprenants, en progression de 23%), au Cambodge (5100), en Indonésie (4850) et au Vietnam (4600). L’évolution des effectifs entre 2013 et 2017 a été positive pour trois pays, le Japon, la Corée et le Vietnam, tous les autres pays ayant connu des baisses d’effectifs plus ou moins importantes.

Répartition des effectifs des cours de FLE des AF par région en 2017

Une évolution du nombre de certifications de français destinées au jeune public est également notable dans la zone Asie- Océanie, comme dans l’ensemble des régions, avec une augmentation de l’ordre de  +65% entre 2014 et 2016 notamment dans des pays tels que l’Inde, la Malaisie, la Thaïlande ou le Vietnam, qui voient leurs effectifs faire un bon entre ces deux périodes.

A noter par ailleurs l’intérêt pour l’apprentissage du français qui se constate dans des pays comme l’Inde,  2ème pays au monde  en termes de nombre d’apprenants dans les AF (1er réseau des AF de la zone Asie -Pacifique à égalité avec la Chine, avec 14 AF dans chaque pays). Et 1er pays de la zone en termes de nombre de candidats aux certifications avec 11 600 candidats en 2017 (puis vient la  Corée du Sud avec près de 5800 candidats, et la Chine avec 5500 candidats).

Les associations de professeurs de français de la FIPF

Les enseignants sont réunis au sein de 23 associations (dans des pays extrêmement peuplés et dont l’influence est très importante dans le monde : Japon, Inde, Chine, Australie) elles-mêmes fédérées par la Commission de l’Asie Pacifique (CAP) de la FIPF.
Selon les données et éléments d’analyse collectés dans le Livre blanc, à l’exception des pays d’Asie du Sud-Est et du Vanuatu (qui dispense plutôt un enseignement du français en tant que langue seconde) il existe peu de contact direct avec l’espace francophone, et il s’agit d’un enseignement presque exclusivement de FLE.

Les associations qui réunissent le plus grand nombre de membres sont l’Australie (900) et le Japon (700) ou bien encore l’Inde, avec deux associations de 550 et 200 membres chacune. En Chine, les professeurs membres des associations membres de la FIPF sont regroupés au sein des départements de français, avec environ 1000 professeurs répartis dans 107 facultés. En Mongolie, la plus petite association de toute la zone, tous les professeurs de français sont membres de l’association (50 membres). En Thaïlande, il y a 530 membres, et on recense une centaine de membres A Taïwan.

A noter par ailleurs que l’enseignement bilingue dans le primaire et secondaire et les filières francophones au niveau universitaire se sont développées au Vietnam, au Cambodge et au Laos, suite aux différents programmes de soutien à ces enseignements mis en œuvre avec l’appui des opérateurs de la Francophonie.

LA FRANCOPHONIE UNIVERSITAIRE CHINOISE est très dynamique si l’on considère à la fois le nombre de sections et départements de français, leur rythme de croissance annuelle (qui ne ralentit pas : entre + 4 et +9 chaque année) ou encore le nombre total d’étudiants spécialistes de français, un record dans la région de l’Asie de l’est et du sud-est. Autre preuve de ce dynamisme : l’existence de programmes et tests de langues nationaux, la variété et le nombre d’activités organisées chaque année à destination des étudiants (concours oratoires, de chansons, de blogues…). La mobilité étudiante internationale vers les pays francophones est également importante : les Chinois sont, par exemple, le premier groupe d’étudiants étrangers en France (ce qui explique le nombre très élevé de candidats aux TEF et au TCF en Chine). En parallèle, le nombre d’étudiants africains en Chine, en particulier francophones, augmente considérablement. 7 universités chinoises sont, par ailleurs, membres de l’AUF : l’Institut de diplomatie de Chine, l’Université de Wuhan, l’Université des Études internationales du Sichuan, l’Université Jiao Tong de Shanghai, l’Université médicale de Kunming, l’Université normale de Chine du Sud et l’Université Tongji. On pourrait compléter ce tableau en évoquant la recherche universitaire de haut niveau en français, notamment dans le cadre de cotutelle de thèses ou encore l’organisation chaque année ou presque de colloques, séminaires et formations en / sur le français.

Une progression importante de la demande de français s’observe donc en Chine, créant ainsi une dynamique forte pour son enseignement dans le supérieur notamment  à travers l’ouverture régulière de nouveaux départements de français. Ainsi qu’en Inde, en constante progression dans les écoles privées du secondaire ainsi que dans les universités, pour répondre à des projets de mobilité internationale et professionnels. L’enseignement de l’anglais domine cependant dans la région, et la place du français est aujourd’hui menacée dans un certain nombre de pays, notamment en raison de l’enseignement du chinois, activement soutenu par les autorités nationales et chinoises.

oif_go_further_icoPour aller plus loin…